infidélités et crises conjugales

infidélités et crises conjugales

Marie-Aude Binet est l’auteure du livre Infidélités et crises conjugales. Comprendre et sortir de la crise, paru aux éditions Odile Jacob.

Conseillère conjugale, sexologue, formatrice en développement personnel, elle souligne les souffrances inhérentes aux rencontres, aventures et liaisons. Et revient sur beaucoup de questions : pourquoi commet-on une infidélité ? Comment traverser cette crise ?

Face à la tourmente et à la douleur de la crise conjugale, face à toutes les blessures personnelles et relationnelles qui en découlent, son livre tente de mieux comprendre ce qui se joue dans l’infidélité, et de décider lucidement que faire : pardonner et reconstruire le couple, ou envisager de nouveaux projets de vie. Dans le respect des besoins du partenaire, mais surtout des siens propres.

Qu'entend-on par infidélité ?

"L'infidélité n'est pas que sexuelle, on peut être infidèle à son conjoint de bien d'autres manières. Rien qu'en passant 3 heures tous les soirs sur les jeux vidéo, c'est une manière d'être infidèle. L'infidélité, c'est le fait de privilégier un en-dehors du couple, que le conjoint se sente seul, un peu délaissé et en souffre. Elle peut être sexuelle, affective, à travers le travail... en tout cas on va donner ailleurs quelque chose que le conjoint attend", précise Marie-Aude Binet. L'infidélité peut aussi être mentale, quand un attachement extérieur prend un peu trop de place, comme dans le cas d'un ex auquel on pense tout le temps.

Tout est une question de valeurs, d'éducation reçue, de religion parfois. D'où l'importance de mettre des mots sur ce qu'on attend de la vie de couple : exclusivité sexuelle ou affective, ou indépendance.

L'infidélité féminine en augmentation

De plus en plus d'hommes et de femmes sont infidèles. Mais on remarque une nette augmentation dans l'infidélité féminine.

Il y a un réel changement de mentalité car jusqu'il y a peu, les femmes étaient condamnées en cas d'infidélité, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui dans nos pays occidentaux. Par ailleurs, elles ont maintenant les moyens financiers d'être infidèles.

Aujourd'hui, il faut avoir une sexualité épanouie, même au-delà des premiers temps. Souvent entre 40 et 55 ans, aussi bien du côté féminin que masculin, il arrive que des doutes sur sa séduction et sa sexualité poussent à être infidèle.

L'arrivée d'un enfant déstabilise, le couple devient parents et le regard sur soi et sur l'autre change. Les femmes deviennent parfois trop mères, oublient leur relation de couple, sont moins disponibles à la sexualité et à l'attention à l'autre, ce qui peut générer l'infidélité au bout de quelque temps. A l'inverse, certaines femmes se sentent enfermées par leur conjoint dans leur rôle de mère et vont chercher ailleurs l'attention, le regard de séduction qui leur permet de se retrouver femmes.

Les plaintes de l'un ou l'autre conjoint sont des alertes qu'il faut entendre. Une tierce personne peut aider à prendre un peu de recul et rétablir une harmonie dans la relation. Aucun thérapeute n'encourage à l'infidélité car il y a souvent derrière de la souffrance. Il est là pour accueillir la personne, l'aider à comprendre ses motivations et accompagner son chemin.

Certains profils sont plus enclins à l'infidélité 

Comme les manipulateurs et les personnes qui sont hyper-sexuelles et ne se satisfont pas de leur relation de couple. Certains événements de la vie peuvent aussi provoquer cette envie 'd'en-dehors'.

L'infidélité est rarement un épisode isolé, que ce soit au sein d'un même couple ou dans le cas de nouvelles relations. Ce qui permet de ne pas recommencer, c'est de comprendre ce qui s'est passé et de décider de rester dans une fidélité à l'autre.
 

Comment rester fidèle à soi-même ?

"C'est un chemin de toute une vie. Cela demande de bien se connaître, dans ses valeurs, dans ses qualités, dans ses talents et aussi dans ses limites. Et du coup de pouvoir poser des choix en conscience. Quand on est en couple, ce n'est pas toujours facile d'avoir ce temps de discernement. On est pris dans la vie quotidienne et dans la relation, et c'est là où on peut se perdre. Certaines personnes étouffent dans cette relation et vont voir ailleurs pour se retrouver, pour exister."

Comment se remettre d'un aveu d'infidélité ? 

Pour Marie-Aude Binet, on ne peut pas aimer plusieurs personnes avec la même intensité. L'amour se construit au long cours. En cas d'infidélité, c'est cet amour-là, cette construction-là dans le lien qui est blessé. Ça traumatise, car on a la sensation d'être trahi dans ce qu'on a donné, dans ce qu'on a partagé et ce qu'on souhaite encore partager.  C'est une blessure narcissique d'abord et une perte de confiance totale vis à vis de l'autre.

Il faut beaucoup de temps pour en sortir en essayant de comprendre, en voyant ce qu'il faut changer si on veut continuer la relation, car elle ne sera plus jamais la même. Il faut restaurer la confiance. La résilience est possible par la volonté des deux, au rythme de chacun. Tout est possible dans un couple, il a des ressources qu'on n'imagine pas. On peut se reséduire, réveiller sa relation. Plus on avance en âge, plus la relation peut changer de couleur, on n'est pas les mêmes à 20 ans qu'à 50 ans.

Mais la rupture est plus souvent la norme, bien que généralement ce ne soit pas le voeu de la personne infidèle, ni bien sûr celui de la personne trompée.

Ecoutez l'intégralité de l'entretien de Tendances Prem1ère



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