Ces femmes qui en font trop

Ces femmes qui en font trop

Dans “Ces femmes qui en font trop…”, Catherine Serrurier lève le voile sur les enjeux psychologiques et les ressorts inconscients qui gouvernent la gestion du couple au quotidien. C’est un sujet intime et tabou qui se joue et se noue dans le secret des foyers : le partage des tâches ménagères. Dans son nouvel essai, Catherine Serrurier montre l’importance vitale de cette logistique, si souvent négligée ou reléguée au second plan.

Prendre la mesure du quotidien

La psychothérapeute observe que l’on sous-estime les conséquences pratiques et morales d’habiter et de vivre ensemble. D’autant qu’il est difficile d’envisager une saine répartition des tâches alors que l’on ne mesure pas, de prime abord, leur poids en difficulté et en fatigue. Pour Catherine Serrurier, l’un des moments clés dans la vie du couple apparaît avec l’arrivée du premier enfant. Soucieuses de bien faire, la plupart des nouvelles mères, provisoirement au foyer pour cause de congé maternité, s’occupent tout naturellement des corvées ménagères. Sans se rendre compte qu’elles ravivent ainsi dans l’esprit de l’homme l’image idéalisée de leur mère, pourvoyeuse de tranquillité matérielle. 

Lorsque la femme retrouve son travail, son compagnon a pris l’habitude de se désintéresser de la bonne marche du quotidien. Surtout, et c’est l’un des aspects les plus intéressants de ce livre, Catherine Serrurier décortique avec finesse les mécanismes qui amènent les femmes – quitte à ce qu’elles s’en plaignent – à assumer les deux tiers des tâches ménagères en plus de leur travail à l’extérieur. Certaines noient dans ces journées suroccupées leur propre sentiment d’infériorité. D’autres, modèle de la "ministre de l’Intérieur autoproclamée", entretiennent l’illusion d’une toute-puissance et d’une domination sur le couple, sur les enfants, sur la maison.


Inventer ses règles

Des exemples concrets, parfois étonnants, représentatifs jusque dans leurs excès, donnent profondeur et vie à cet essai argumenté et convaincant. Qui démontre, au final, que tous les couples sont obligés d’inventer leur propre mode de vie familial. Pour tous ceux, hommes ou femmes, qui éprouvent des difficultés à gérer leur environnement matériel, ce livre sera un outil précieux. Il leur permettra d’exprimer, en toute connaissance de cause, les contrariétés au coup par coup, plutôt que de laisser s’accumuler le poison non traité du ressentiment.

(Linguiste de formation, Catherine Serrurier a d’abord exercé la profession d’infirmière. Aujourd’hui psychothérapeute et conseillère conjugale, diplômée de l’AFCCC (Association française des centres de conseil conjugal), Catherine Serrurier a déjà publié “Eloge des mauvaises mères” et “Que sont nos maris devenus ?” (Desclée de Brouwer, 1992 et 1994).
(Valérie Colin-Simard)

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